
Fin de mandat pour le président Wilfried Nguéma. Mandat non ratée mais perturbée en grande partie par la crise sanitaire. La sagesse et la paix ont pris place sur la discorde et le radicalisme.
Le malentendu né au sein de la Fédération gabonaise de judo (Fégajudo), du fait du mécontentement de certains réclamant la tenue de l’assemblée générale élective au terme du mandat du bureau actuel, depuis mars 2022, cristallise la grande famille de cette discipline au Gabon. Après les houleuses assises de l’INJS il y a deux semaines, place à l’apaisement, au dialogue et au compromis pour que la sérénité revienne dans le dojo et que seul le judo gagne.
La constitution du nouveau bureau fédéral, censé prendre les rênes pour les 4 prochaines années est très attendue. C’est justement pour cette raison qu’un comité ad hoc a été mis en place par les frondeurs. Les premiers résultats voient déjà le jour avec en prime, une nouvelle date pour l’assemblée générale élective, fixée au 1e octobre 2022, au terme d’un conclave qui a privilégié l’intérêt du judo et le respect du code moral de la discipline.
Ainsi, la date du 30 août 2022, proposée par le bureau fédéral sortant pour l’assemblée générale élective a été jugée trop proche par le comité ad hoc que préside André Angwé Aboughé, l’ancien président de la Fégajudo, qui souhaite s’assurer de la bonne organisation de l’élection et qui permettrait de relancer sereinement les activités.

Les 34 clubs, associations et ligues veulent repartir sur de nouvelles bases et remettre le judo sur les rails. Voilà une bonne chose pour cette discipline qui a su s’honorer et honorer le pays, même s’il ne faut pas négliger les tensions qui subsistent dans la maison.
La maison n’a pas brûlé et ne brûlera pas
Le fait est à prendre en compte, même si les méthodes utilisées par certains pour avoir la tête de Wilfried Nguéma paraissaient peu orthodoxes et ne seraient certainement pas bien appréciés des instances sous régionales et continentales comme le reconnaîtra l’ancien président fédéral et actuel membre du Comex de l’Union Africaine de Judo, André Angwé Aboghé, invité aux débats de l’INJS.
La maison n’a pas brûlé et ne brûlera pas comme semblaient le souhaiter certains. Le président Angwé aura pesé de tout son poids pour dissiper les malentendus au nom du respect des lois, des procédures qui encadrent la discipline, de l’intérêt général, en privilégiant le dialogue entre les différentes parties.
La rencontre qui s’en suivra entre le bureau fédéral et le comité ad hoc est également à saluer. Les négociations entre enfants et amoureux du judo ont permis de trouver une issue favorable à l’incompréhension. Incompréhension née également du fait qu’il soit reproché, à tort ou à raison, au bureau fédéral sortant de n’avoir rien fait durant son mandat alors que la moitié de celui-ci a pourtant été marquée par la pandémie de la Covid-19, qui aura tristement bloqué le monde du sport gabonais.
Des efforts consentis et des résultats palpables

Si la situation n’aura pas permis au Comex de travailler convenablement et de déployer sa vision, faut-il totalement fermer les yeux sur les nombreux efforts consentis par le bureau fédéral, et très souvent du seul président, à travers la présence et les performances des judokas gabonais lors des compétitions internationales.
A supposer que ce soit une affaire d’insatisfaits. Fallait-il satisfaire tout le monde au même moment ou ne fallait-il pas privilégier les acteurs que sont les judokas en leur accorder la possibilité de prendre part aux compétitions ? Faut-il se cantonner sur la promesse non tenue de réviser les textes comme si le judo ne se limitait qu’à cet aspect ?
Chose certaine, la tempête est passée au profit de l’unité pour le développement du judo gabonais. Surtout que cette discipline ne nous a jamais offert un spectacle honteux comme certains autres sports de combat. Ici, on croit en la paix et c’est une bonne chose.
En attendant le 1er octobre et les identités d’autres postulants pour le fauteuil de président de la Fédération, le président sortant, Wilfried Nguéma, connu pour sa discrétion, a d’ores et déjà lancé les signaux de sa re-candidature.
Malgré ses ratés reconnues et l’incompréhension entretenue autour de lui, même parfois par des proches collaborateurs, le président sortant croit en la vision proposée il y a 4 ans et entend rattraper les années de paralysées du coronavirus et l’absence de subvention.
Et si les judokas lui offraient une nouvelle chance !