La Linafp et les présidents de clubs menacent de tout arrêter si la saison 2026-2027 ne reprend pas au 15 novembre prochain. Une pression à peine voilée sur le ministère des sports, qui n’a pas encore rendu publique les résolutions de la Task Force d’Angondjé.

La Ligue Nationale de Football Professionnel (LINAFP) et les présidents de clubs de D1 et D2 se sont réunis hier, mercredi 5 novembre, pour une importante réunion qui a découlé sur la résolution de « tout arrêter si la saison ne reprend pas le 15 novembre prochain ».
Ainsi, les dirigeants annoncent qu’ils ne tiendront plus au-delà de cette date. Et que passé ce délai, ils libéreront joueurs et encadreurs pour ne plus payer la masse salariale. Et mieux, si l’Etat leur demande de reprendre après cette date, il devra assumer financièrement le préjudice subi, a pu-t-on lire dans leur communiqué.
Un ultimatum qui interroge

Sauf que sur le fond, l’argument ne tient pas. Tout d’abord, le ministère n’a jamais annoncé de date de reprise. C’est la Linafp elle-même qui avait avancé le 24 octobre en fin de saison dernière. La tutelle a simplement rappelé que la plupart des clubs n’ont pas d’agrément technique et que la refondation du football, via la Task Force d’Angondjé, devait passer avant. Donc mettre un ultimatum au ministère sur une date que le ministère n’a jamais fixée, c’est inverser les rôles.
Ensuite, c’est la méthode qui étonne. En menaçant de libérer les joueurs et de créer un chômage massif si l’Etat ne cède pas, c’est du chantage à l’emploi pur et simple. On fait porter aux footballeurs la pression que l’on devrait assumer devant la tutelle.
Le détour par la Fegafoot et l’argument du privé
Pour faire passer la pilule, la Linafp met en avant un partenaire privé prêt à financer le championnat et annonce vouloir passer par la Fegafoot pour obtenir une audience.
Sauf qu’un investisseur sérieux ne met pas son argent dans un milieu qui n’est pas assaini. Il a besoin d’un cadre clair, de règles de conformité et de garanties avant de s’engager. On ne peut pas lui demander de financer d’abord et de mettre de l’ordre après. Il faut d’abord assainir le milieu pour qu’il se sente à l’aise et en sécurité.
En se réfugiant derrière la Fegafoot, la Ligue avoue elle-même qu’elle a besoin d’une médiation pour se faire entendre.
Au final, on a une Ligue qui fixe une date seule, qui ne peut pas la tenir faute d’être en règle, et qui menace l’État de tout arrêter s’il ne valide pas son calendrier. Ce n’est plus une demande de reprise. C’est une tentative de faire payer au contribuable le prix de sa propre précipitation.





























































