
Alors que ça tire de partout et même dans l’inconnu, l’ancien arbitre international Fifa, formateur entre autres de Pierre Atcho, Tanguy Mebiame, Boris Ditsoga, Roselin Mezui, Annael Omanda, – Pressilia N’no Ndong, Dora Chancelle Ambangoye Mato et Florina Ndoué Meyale, aujourd’hui instructeur Caf vient apporter sa contribution au débat actuel sur l’élection à la Fégafoot.
« Le football gabonais est à un tournant décisif de son histoire. Les débats actuels autour de la réforme du collège électoral de la FEGAFOOT ne doivent pas être perçus comme une simple querelle de textes, mais comme une opportunité rare de refonder en profondeur notre gouvernance. Ayant servi ce sport au plus haut niveau en tant qu’arbitre international FIFA, je mesure combien les équilibres institutionnels influencent directement la qualité, l’éthique et la crédibilité de notre football.

La première exigence d’un collège électoral moderne est sa représentativité. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel que toutes les composantes du football gabonais puissent participer aux décisions structurantes. Les clubs de première et deuxième divisions, piliers de nos compétitions professionnelles, doivent naturellement conserver une place prépondérante. Mais cette prépondérance ne doit pas se transformer en monopole.
Une bonne place au footballeur amateur
Le football ne se limite pas aux stades de l’élite. Il vit dans les quartiers, les provinces, les centres de formation, et à travers des milliers d’acteurs souvent invisibles mais indispensables. C’est pourquoi l’intégration des clubs du championnat national amateur (D3), à travers des représentants élus, constitue une avancée essentielle. Elle permettra de mieux refléter la réalité du terrain et de corriger un déséquilibre historique.
Dans la même logique, les ligues provinciales doivent être pleinement reconnues dans le processus électoral. Elles sont les fondations de notre édifice footballistique. Sans elles, aucun développement durable n’est possible. Leur voix doit compter, non pas symboliquement, mais concrètement.

Arbitres, entraineurs et footballeurs, acteurs clés du football
Je tiens également à insister sur un point qui me concerne particulièrement: la place des acteurs techniques. Les arbitres, les entraîneurs et les footballeurs ne doivent plus être considérés comme de simples exécutants. Ils sont les garants du respect des règles, de la qualité du jeu et de l’intégrité des compétitions. Leur présence au sein du collège électoral, à travers leurs associations, est une exigence de bon sens.
Le football féminin et les structures spécifiques comme la LINAFP doivent aussi trouver leur juste place. Il ne s’agit pas d’un geste politique, mais d’une reconnaissance légitime de leur rôle croissant dans le paysage footballistique national.
Autre enjeu majeur : les centres de formation. Trop souvent négligés, ils sont pourtant la clé de notre avenir. Les intégrer dans le collège électoral, sous réserve de critères clairs et rigoureux, c’est envoyer un signal fort en faveur de la formation, de la jeunesse et de la professionnalisation.
La réforme du collège électoral une vision et non autre chose
Enfin, la question des membres de droit mérite une attention particulière. Les anciens présidents de la FEGAFOOT ainsi que les représentants gabonais au sein des instances internationales disposent d’une expérience précieuse. Toutefois, leur rôle doit rester consultatif ou strictement encadré, afin de préserver l’équilibre démocratique et d’éviter toute influence excessive.

Au fond, la réforme du collège électoral ne doit pas être guidée par des intérêts individuels ou conjoncturels. Elle doit répondre à une vision : celle d’un football gabonais inclusif, équitable et respecté. Un football où chaque voix compte, où chaque acteur est reconnu, et où les décisions reflètent véritablement l’intérêt général.
L’arbitrage m’a appris une chose essentielle : la légitimité ne se décrète pas, elle se construit. Elle repose sur la confiance, l’équité et la transparence. C’est cette même exigence que nous devons appliquer aujourd’hui à la gouvernance de notre football.
L’histoire jugera les choix qui seront faits. À nous de faire en sorte qu’ils soient les bons ».
- Les sous-titres sont de la Rédaction





























































