Une réflexion de Darneau Essia Ndong, candidat déclaré à la présidence de la Fégafoot qui constate que depuis le départ de la mission de la Fifa-Caf, la Fégafoot ne bouge pas pour revoir le dispositif électoral mis en place pour assurer une élection sans heurts.
« Le ministère des Sports a suspendu le processus électoral en invoquant notamment des irrégularités administratives liées à l’agrément technique de la Fégafoot et à la situation de plusieurs éléments composant le collège électoral.
Si le fondement de la suspension du processus électoral est l’absence d’agrément technique de la Fégafoot et, plus largement, la situation administrative irrégulière de plusieurs structures composant le collège électoral, alors il faut aller jusqu’au bout du raisonnement.
Un électeur doit être juridiquement habilité à participer à une élection. Mais s’il ne l’est pas, peut-il valablement parrainer un candidat ?
Et si les parrainages ont été recueillis auprès de personnes ou d’entités dont la qualité de membre électeur est elle-même contestée, sur quelle base juridique peut-on maintenir les candidatures déjà enregistrées ? Elle concerne la totalité de la chaîne électorale.
Si le premier maillon est juridiquement défaillant, il faut nécessairement examiner les conséquences sur les maillons suivants.
Et que deviennent les statuts adoptés en 2025 ?
Cette interrogation nous conduit à une question encore plus profonde. Les nouveaux statuts adoptés en 2025 peuvent-ils être considérés comme pleinement opposables si l’organe qui les a adoptés ou le cadre administratif dans lequel ils ont été adoptés est lui-même aujourd’hui contesté ?
Il faut déterminer dans quelles conditions le Congrès de 2025 a été convoqué ; quelle était la qualité juridique des membres ayant participé à ce Congrès ; si ces membres disposaient de la capacité nécessaire pour adopter les nouveaux statuts ; si les conditions de leur adoption étaient conformes aux textes alors applicables ; et enfin quelle est la valeur juridique et réglementaire de ces statuts aujourd’hui. Il faut donc sortir de l’ambiguïté.
Nous ne pouvons pas choisir les règles qui nous arrangent
Si les statuts de 2025 sont valides, il faut expliquer pourquoi. S’ils ne le sont pas, il faut en tirer les conséquences. Si le collège électoral était conforme, il faut le démontrer. S’il ne l’était pas, il faut reprendre le processus. Si les candidatures ont été constituées sur la base de parrainages juridiquement valables, il faut le confirmer. Si ce n’est pas le cas, toutes les candidatures doivent être réexaminées dans des conditions identiques et transparentes.
Nous devons commencer par régulariser la Fégafoot et ses membres statutaires, clarifier les textes applicables, déterminer la composition légitime du collège électoral, vérifier les conditions d’établissement des parrainages et réexaminer l’ensemble des candidatures selon des règles incontestables. Ce n’est qu’après cela que nous pourrons parler d’une véritable élection.
Parce qu’une élection commence par la légitimité de ceux qui votent et par la légalité de ceux qui organisent le scrutin.
Le football gabonais a besoin d’un collège électoral incontestable
Le football gabonais n’a pas besoin d’une nouvelle bataille de personnes. Il a besoin d’une clarification institutionnelle. Il a besoin de règles connues de tous. Il a besoin d’un collège électoral incontestable. Il a besoin d’une commission électorale indépendante. Il a besoin d’une procédure transparente. Et surtout, il a besoin d’une élection dont personne ne pourra raisonnablement contester la légitimité au lendemain du scrutin.
Le football doit enfin élire sa légitimité ».





























































