Réunis samedi dernier en conférence de presse, les candidats recalés à l’élection d’avril 2026 à la Fédération Gabonaise de Football, regroupés au sein de la Coalition pour le Renouveau du Football Gabonais, ont démonté point par point le processus électoral en cours.
Cette sortie qui s’est deroulée à la salle de conférence de ABC Mall à Libreville a vu la présence de deux candidats sur les trois membres de cette coalition que sont Christian Gabin Nzoghe Mintsa, Darneau Essia Ndong, et Axel Nguéma Edou empêché pour raisons professionnelles. Leur objectif affiché : « promouvoir une nouvelle gouvernance fondée sur la transparence, la légalité et la restauration de la crédibilité de nos institutions sportives ».
Mais leur déclaration a vite tourné à l’interpellation frontale de la Commission électorale.
Une suspension ministérielle jamais levée
C’est le cœur de la dénonciations.Le ministère des Sports avait suspendu le processus électoral alors que tout était prêt, avec même des délégations déjà présentes à Mouila, lieu prévu du scrutin.
Or, selon la coalition, cette suspension n’a jamais été officiellement levée. « Une décision de suspension prise par une autorité compétente conserve ses effets tant qu’elle n’a pas été régulièrement levée », martèlent-ils.
Pour eux, la Commission électorale ne peut pas s’auto-saisir et relancer le chronogramme comme si de rien n’était. « L’autonomie de la FEGAFOOT ne signifie pas l’affranchissement de la légalité, encore moins le droit de méconnaître l’autorité administrative ».
Sur quelle base juridique la reprise est-elle donc annoncée ?
Deux statuts pour une même élection
C’est le flou le plus inquiétant. Quel texte régit cette élection ? Les statuts de 2013 ou ceux de 2025 ?
La coalition relève que la Commission navigue entre deux bases légales, entretenant une confusion totale pour les candidats et les clubs électeurs. Impossible dans ces conditions de garantir une élection conforme aux exigences de la FIFA et de la CAF, qui imposent une stabilité statutaire.
Deux poids, deux mesures
Pour illustrer l’absurdité, la coalition rappelle le cas récent de l’Union Sportive de Bitam (USB). Sanctionnée pour bicéphalisme, l’USB avait été suspendue par la FEGAFOOT. Le club a dû attendre la levée officielle de sa sanction pour rejouer.
« Si l’USB avait repris ses activités de sa propre initiative, cela aurait-il été admis ? Non. Alors pourquoi la Commission électorale s’autorise-t-elle ce que l’on interdit à un club ? La rigueur exigée des clubs doit s’appliquer au sommet de la Fédération ».
La coalition assure ne pas vouloir de bras de fer, mais de légalité. Elle annonce vouloir saisir les instances compétentes pour obtenir une clarification sur la levée de la suspension et sur les statuts applicables.
En toile de fond, une crainte : voir l’élection d’avril 2026 se tenir dans l’illégalité, avec à la clé un risque de non-reconnaissance par la tutelle ministérielle, voire par les instances internationales. Le ministère va-t-il laisser faire ? La FIFA va-t-elle être saisie ? Une chose est sûre, le football gabonais n’a pas fini de vivre dans la crise institutionnelle.




























































