
De retour d’Accra au Ghana où il a pris part au championnat d’Afrique en tant que coach de la fédération gabonaise d’athlétisme, il nous dresse le bilan de la compétition.
Gabonallsport : Vous revenez du championnat d’Afrique d’athlétisme. Quel bilan pouvez-vous nous faire de la participation du Gabon ?
Zappy Ekoume : « Le bilan global de la participation gabonaise au championnat d’Afrique d’athlétisme d’Accra 2026 peut être qualifié de participation constructive mais perfectible. Le Gabon a démontré une présence effective au niveau continental, une volonté de repositionnement de l’athlétisme national par la participation des athlètes locaux, mais également un écart encore visible avec les grandes nations africaines dominantes comme l’Éthiopie, l’Afrique du Sud ou le Nigeria qui ont largement animé les podiums.
Le Gabon sort grandi avec un bilan d’une médaille d’argent et deux nouveaux records nationaux au lancer de poids et au 400m plat, trois finalistes malheureux, Pierrick Moulin au 100m, Guy Maganga Gorra au 200m et Djessy Kodo Mouélé au 5000m et qui ont occupé la 7e, la 8e et la 23e place.
Votre regard sur la prestation de nos athlètes.
Nos athlètes ont véritablement donné le meilleur d’eux-mêmes. Ils ont évolué dans un contexte extrêmement relevé, face à des adversaires de très gros calibre représentant les grandes puissances de l’athlétisme africain.

Malgré ce niveau d’exigence très élevé, nos représentants ont fait preuve d’un engagement total, d’une grande combativité et d’un état d’esprit exemplaire sur la piste comme en dehors.
Ils ont défendu dignement les couleurs nationales en se mesurant à l’élite continentale, ce qui constitue déjà une expérience précieuse dans leur progression sportive. Cette participation démontre que nos athlètes possèdent le potentiel et la détermination nécessaires pour continuer à grandir et rivaliser progressivement avec les meilleurs.
Enfin, nous pouvons dire que le championnat d’Afrique d’athlétisme 2026 constitue une étape importante d’évaluation pour les nations africaines.
Des enseignements et des leçons à tirer ?
Forcément qu’il y a des enseignements majeurs qui peuvent être retenus afin de mieux préparer l’avenir.
– La nécessité d’une préparation scientifique et planifiée.
– La compétition a démontré que les nations les plus performantes s’appuient sur : une planification annuelle rigoureuse et un suivi médical et financier, une préparation spécifique aux grands rendez-vous internationaux.

Ainsi, pour l’avenir, il devient indispensable de renforcer la préparation physique individualisée, l’analyse de performance, le travail technique régulier en amont des compétitions majeures. L’écart de performance reste lié aux moyens d’encadrement et les résultats ont confirmé que la qualité de l’encadrement technique influence directement la performance.
Leçon pour l’avenir ? Renforcer les compétitions scolaires et universitaires ; créer des centres de détection et de suivi des jeunes athlètes.
Lorsqu’on regarde la gestion mentale et l’expérience internationale des athlètes de très haut niveau continental, on observe que l’expérience de la compétition joue un rôle déterminant ; la maîtrise du stress influence fortement les performances finales.
Ainsi, il faudra multiplier les stages internationaux, les meetings de préparation, le travail psychologique et mental sinon l’organisation et la professionnalisation de l’athlétisme africain
Et le championnat d’Afrique a montré une évolution positive de l’organisation et de la visibilité de l’athlétisme africain.

Des observations à faire aussi ?
S’agissant des observations clés, la formation continue des entraîneurs et officiels techniques doit devenir une priorité stratégique puis les stages et des compétitions régulières sont importants au développement de la relève.
Plusieurs jeunes talents ont émergé, montrant que l’Afrique possède un énorme potentiel. Cependant la transition junior, senior reste fragile. Beaucoup de talents disparaissent faute d’accompagnement.
En dépit de tout, nous faisons l’observation majeure selon laquelle l’avenir passe par une professionnalisation accrue c’est-à-dire une meilleure structuration fédérale, des partenariats institutionnels et privés et la valorisation médiatique des athlètes.
Enfin, le Championnat d’Afrique d’athlétisme a été une véritable plateforme d’apprentissage. Il révèle que le talent africain est bien présent, mais que la performance durable reposera désormais sur : la formation, la planification, l’encadrement scientifique, et la préparation mentale.
Ces enseignements doivent servir de base pour construire des performances encore plus ambitieuses lors des prochaines échéances continentales et internationales ».































































