
Textes volontairement bafoués et validés par un groupe de délégués électeurs. Soutien surprenant de la Fifa et de la Caf qui ont choisi de fermer les yeux. Le Gabon deviendra-t-il cette République imaginaire du Gondwana ?
Rappelons-nous. Lorsque l’opération de suspension du processus électoral avait été lancée, certaines voix criaient déjà à la sanction. Tambours battants, on dénonçait l’ingérence. On promettait l’isolement au Gabon.
Et pourtant. Respectueux de ses prérogatives et fidèle à sa mission de garant des politiques publiques, le Gouvernement, à travers le Ministère des Sports, a tenu bon. Recenser. Évaluer. Mettre en conformité. L’objectif était clair : poser les bases d’un renouveau du sport gabonais et promouvoir les outils d’une gouvernance saine.

Un chantier herculien certes, mais mené avec rigueur et transparence.
Cette démarche a conduit à une séance de travail décisive avec la délégation conjointe FIFA-CAF. Le verdict est sans appel : l’opération était nécessaire, légitime et urgente. Dans la lettre de la Fifa, on peut lire « Il a été rappelé à cet égard que cette régularisation constitue une obligation tant au regard de la législation nationale applicable, que des Statuts de la FEGAFOOT, et qu’elle s’impose notamment aux membres en vertu de l’article 13 desdits Statuts, ainsi que des dispositions transitoires prévues à l’article 88, alinéa 1. »
Un document qui enchaîne observations, orientations et constats. Un document qui dit une chose : il faut rompre maintenant avec l’amateurisme. Il interroge aussi : quelle suite les instances internationales entendent-elles donner à ce feuilleton, sous la Ve République ?
Car la Ve République doit retrouver sa place. Reprendre son autorité. Refuser le piège des groupuscules aux intérêts inavoués. Cette République nouvelle se veut fondée sur la culture du résultat, la performance et la bonne gouvernance. Elle veut tordre le cou à l’amateurisme et à ses systèmes.

Aujourd’hui, la FIFA et la CAF ont accordé leurs violons. Les décisions sont actées :
– Processus de régularisation : lancé pour 6 mois validé ; maintien du Comex actuel jusqu’en décembre 2026, acté ; processus électoral en évaluation et sous surveillance ; élection au plus tard le 31 décembre.
Mais parlons football. Parlons vrai.
Le football occupe aujourd’hui une place centrale. Il est le sport roi, le miroir de nos espoirs, le thermomètre de notre fierté nationale. On ne joue plus seulement pour jouer. On joue pour une nation.
Dès lors, l’exigence du 12e homme est légitime. Ce peuple qui remplit les stades, qui vibre, qui espère, qui finance par ses impôts. Au regard des investissements massifs de l’État dans les infrastructures, dans la formation, dans les campagnes internationales, le 12e homme est en droit de réclamer des résultats. Pas des excuses.
On ne peut plus faire fi des attentes légitimes du peuple. On ne peut plus ignorer le football féminin, trop longtemps relégué au second plan alors que nos filles portent aussi le drapeau avec courage et talent. On ne peut plus mépriser le football amateur, ce vivier oublié d’où sortent pourtant les héros de demain. Sans base, il n’y a pas de sommet.

Le contribuable gabonais n’a pas encore digéré les turpitudes de la CAN, ni les nombreuses désillusions servies sur le terrain. Il observe. Il juge.
Alors posons la vraie question : un système en place depuis trois mandats successifs peut-il, soudain, offrir du neuf ? Peut-il inverser la tendance et répondre enfin aux aspirations d’un peuple qui ne demande qu’à croire ?
Le football gabonais ne se redressera pas par des communiqués. Il se redressera par des actes, par la compétence, par le respect de ceux qui aiment ce sport : les hommes, les femmes, les jeunes des quartiers.
L’heure n’est plus aux postures mais aux résultats palpables. Et la Fifa et la Caf doivent le comprendre !





























































