
Dans une lettre envoyée à la Fifa le 11 avril 2026, l’ancien Président du Comité de normalisation, ancien membre du Comex de la Fégafoot et ancien Instructeur FIFA ressort toutes les violations des textes opérées pour faire le lit au Comex sortant le 18 avril prochain.
A quelques jours de l’élection de la présidence de la Fégafoot, et alors que tout semble aller, à cœur joie, vers un plébiscite du candidat unique, Pierre Alain Mounguengui pour un 4e mandat contestée par une franche de la population, tout porte à croire que certains acteurs du football n’entendent pas lâcher prise.
C’est le cas de Dieudonné Ndoumbou Diego, l’ancien Président du Comité de normalisation, ancien membre du Comex de la Fégafoot et ancien Instructeur FIFA, dans une lettre faisant office d’appel urgent de la Fifa de sauver le Gabon. Il l’avait d’ailleurs annoncé il y a quelques jours.

« Je ne parle pas ici en théoricien du droit sportif. Je parle en témoin direct et acteur du précédent de 2013. Et c’est précisément cette expérience qui me confère à la fois la légitimité et le devoir d’alerter la FIFA sur ce qui se passe aujourd’hui à la FEGAFOOT », peut-on lire dès le début du document, reçu par notre Rédaction.
Les raisons de la normalisation de 2013
En revenant sur les motifs de la normalisation de 2013, à savoir la modification des statuts fédéraux dans un délai inférieur à un an avant le congrès électif du bureau exécutif, « La FIFA avait estimé que cette modification, adoptée en période pré-électorale, était de nature à biaiser le processus et à porter atteinte à son intégrité ».
En le mettant ainsi à la tête de cette normalisation, Diego avait pour mission la dissolution des organes irrégulièrement constitués, la reconstitution conforme aux statuts et la fixation d’un nouveau calendrier électoral. Travail qu’il dit avoir accompli « dans le respect des textes et sous la supervision de la FIFA ».
Le congrès à problèmes du 29 juin 2025
Diego révèle que lors du 63e congrès ordinaire de la Fégafoot, tenu le 29 juin 2025, les statuts de la fédération ont été modifiés. L’élection du bureau exécutif est prévue le 18 avril 2026, soit à moins de dix mois de cette modification — exactement le même délai inférieur à un an qui avait motivé l’intervention de la FIFA en 2013.

« En 2025, le congrès du 29 juin est lui-même caduc. L’article 27 alinéa 1 des statuts impose la tenue du congrès ordinaire au plus tard fin mars de chaque année. Le 29 juin représente un retard de trois mois sur cette échéance impérative. Un congrès caduc ne peut produire aucun acte juridique valable — y compris la modification des statuts qu’il a adoptée », écrit-il.
Si le plaignant à la Fifa parle de « stratégie de verrouillage électoral que je n’ai pas connue en 2013 et qui aggrave singulièrement la situation actuelle », avant d’évoquer l’ajout d’«une nouvelle condition d’éligibilité inexistante dans les statuts antérieurs : tout candidat à la présidence de la FEGAFOOT doit désormais obtenir le parrainage d’au moins sept membres de la fédération », il démontre en quoi cette stratégie serait tout simplement un « instrument de veto indirect » ou « filtre politique ».
L’augmentation du collège électoral des ligues
Et ce n’est pas tout. L’ancien président de la normalisation a dénoncé une autre modification des textes avec l’introduction d’un corps électoral remanié. « Le même congrès a considérablement augmenté le nombre de délégués des ligues au sein du collège électoral ». Pour lui, « augmenter leur poids dans le collège électoral revient à amplifier mécaniquement le poids du camp sortant dans l’élection à venir ».

Autres flagrantes irrégularités ?
- La Commission Électorale n’aurait pas été élue mais désignée par le comex de la Fégafoot, en violation de l’article 5 du Code Électoral et de l’article 26 alinéa 2 des Statuts imposant le scrutin à bulletin secret.
- La Commission des recours, installée lors du 62e congrès du 3 mars 2024, soit deux ans avant le congrès électif, en violation de l’article 13 du code électoral qui impose sa constitution simultanée à celle de la Commission électorale.
- Les procès-verbaux des deux congrès concernés ne contiendraient aucune trace d’élection réelle : ni candidatures déposées, ni suffrages exprimés, ni bulletins comptabilisés, ni résultats nominatifs. Les membres de ces organes ont été présentés par le Comex et adoptés par vote à main levée — procédure contraire aux statuts.
Sauver le Gabon dans l’urgence
Autant de bavures décriées et qui oblige Diego à demander une intervention d’urgence avec trois propositions à savoir la suspension immédiate du processus électoral, la mise en place d’un nouveau comité de normalisation et un audit de conformité des statuts modifiés.
« Le football gabonais ne peut pas se permettre une élection viciée à la racine. La FIFA a les moyens d’agir. Elle en a la compétence. Et au regard du précédent qu’elle a elle-même établi en 2013, elle en a l’obligation », a-t-il conclu.
On attend la suite !































































