
Au sortir du tournoi des écoles de football du Gabon samedi dernier au stade de Nzeng-Ayong, le DTN nous a livré son regard sur ce tournoi et nous a largement partagé sa vision pour le football gabonais.
Gabonallsport : Vous avez assisté au tournoi des écoles de football de samedi dernier. Quel est votre regard de cette compétition en tant que DTN.
Claude Albert Mbouronot : « Je voudrais d’abord féliciter le promoteur de ce tournoi. C’est une initiative louable qui a certainement deux objectifs à mon sens. Le premier, c’est de pouvoir mettre en place une compétition pour les jeunes au niveau du football de base. Et le second objectif, est d’évaluer le travail qui est fait au niveau des structures de formation.
En venant ici, j’ai été agréablement surpris d’abord par le nombre de structures qui se sont intéressés à ce tournoi et ensuite, ma désolation se situe sur les fondamentaux technico-tactiques. Il y’a du travail à mettre en place ou à revoir.
En observant la majorité des équipes, il y’avait seulement deux qui sortaient du lot, c’est-à-dire, sortir du lot technique et arriver à maîtriser le ballon pour une relation harmonieuse entre les deux. Ça veut dire qu’il y’a un problème de méthodologie dans le travail des formateurs ou dans l’apprentissage à l’initiation technico-tactiques de l’enfant.
Techniquement, vous dites n’être pas satisfait de ce que vous avez vu. Alors que compte faire la DTN dont vous avez la charge pour y remédier ?
C’est pour cela que je disais dans le deuxième objectif, que c’est un tournoi qui permet d’évaluer le travail effectué en amont par les éducateurs. Et aujourd’hui, pour la direction technique nationale, la fédération gabonaise de football et le ministère des Sports, ça nous permet d’identifier les manquements sur les plans techniques, tactiques et physiques. N’oublions pas que le joueur gabonais a une particularité qui est la vivacité.
Mais lorsque nous observons toutes les rencontres qui se sont déroulées, il y’a une insuffisance de travail au niveau de la vivacité et au niveau de l’harmonie qui doit exister entre le joueur et le ballon. Donc ce sont ces éléments là que je récupère et auquel je vais intégrer une commission qui va être mise en place pour travailler et pour proposer des exercices, sinon une pédagogie qui doit être adaptée à la catégorie de ces enfants.
Elle devra être normalement transmise aux éducateurs et la prochaine édition nous permettra de vérifier si tous les éléments qui ont été mis en placent, et à la disposition des éducateurs ont été appliqués sur le terrain par les jeunes.
Le but, est d’observer un changement sur l’aire de jeu et si nous ne les observons pas, c’est qu’il y’a un autre problème et c’est à nous encore d’identifier le problème et de le résoudre.
A ce propos, est-ce que vous prévoyez une formation des formateurs ou encadreurs de ces jeunes footballeurs ?
Ah oui. La direction technique nationale dont j’ai la charge, la Fégafoot et le ministère s’appuient sur la formation des cadres. C’est un axe primordial, essentiel et très important pour les trois entités.
En ce moment, nous sommes en train de mettre en place la philosophie de jeu par rapport à la sélection nationale. Il y’a des principes que nous devons mettre en place dans le football à 5, à 7 et à 9. Nous commençons d’abord par cette base. Ensuite, nous allons produire des documents, des référentiels que nous allons transmettre aux éducateurs qui ont des structures de formation. Dès qu’ils sont en mesure de les transmettre aux enfants, nous allons les observer tout en apportant des corrections et des améliorations.
Maintenant l’évaluation viendra lorsque nous aurons un tournoi identique à celui-là. Normalement, ce travail doit donner des résultats.
Quel est la vision de la direction technique nationale en ce qui concerne les tournois et championnats de football au niveau local ?
Dans le cadre de l’organisation des compétitions nationales, la DTN est en train de travailler avec les organisateurs ou promoteurs pour savoir si ces différents événements sont périodiques. Si oui, c’est à nous (DTN) maintenant de voir comment nous allons travailler en collaboration pour qu’ils aient un label. Et ce label va leur permettre chaque année d’organiser une compétition de ce genre et qui servira à la direction technique nationale d’augmenter les compétitions des jeunes d’une part.
D’autre part, d’avoir un plateau pour nous permettre d’évaluer le travail des éducateurs dans les structures de formation. Ce travail est déjà programmé et planifié. C’est pourquoi, pour nous, il faut commencer par la base et c’est cette base-là qui est très importante pour nous. Et nous voulons étendre cette base dans les bassins de quartiers où ce n’est pas formalisé afin de la faire.
Y’a aussi un bassin scolaire et au niveau de ce secteur, pour le moment, la catégorie qui est prise en compte c’est les juniors et peut-être les cadets. Le dernier bassin c’est au niveau des ligues et sous ligues et là-bas c’est déjà organisé.
Si nous arrivons à maîtriser ces trois bassins, nous avons une large plateforme pour nous permettre de repérer les joueurs, les détecter de les rassembler pour une préformation en vue de leur donner les outils de se perfectionner. Et au sortir de cette préformation, une compétition d’évaluation aura lieu pour voir si les principes de jeu ont été acquis par ces derniers.
Après cette compétition, il y aura une autre compétition au niveau des arrondissements et au niveau national pour avoir enfin une sélection. Au final, on aura donc quatre filtres pour pouvoir détecter les joueurs.
Pour cette année 2024 qui débute, quels sont vos vœux pour le football gabonais ?
Ce que je souhaite pour le football gabonais pour cette nouvelle année, c’est vraiment que tous les acteurs s’accordent afin que les championnats nationaux démarrent. Parce que sans la compétition, nous ne pouvons pas être performants. Nous avons des échéances à venir au niveau du CHAN, des Coupes d’Afrique et de l’Uniffac.
C’est inadmissible qu’on puisse aller à une compétition sans que nous ayons une plateforme sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour identifier les jeunes, les détecter et les emmener en équipes nationales. C’est ce que je souhaite de bon au football gabonais et ainsi que nous puissions arriver en 2030 en coupe du monde.