
Ce Futuro FIFA du Gabon en administration, Instructeur de la CAF en administration sportive, ancien Secrétaire général adjoint de l’Uniffac, ancien Directeur administratif de la Fégafoot, ancien Président de la Ligue de Football du Woleu-Ntem (LFWN), constate trop de manquements dans le processus électoral actuel et redoute une élection fiable.
« Tout en vous remerciant d’avoir répondu à cet appel, je vous serai reconnaissant de bien vouloir vous lever afin d’observer une minute de silence en mémoire des nombreux acteurs du football gabonais qui nous ont quittés, par ce geste de recueillement, nous rendons hommage à ceux qui nous ont précédé dans ce voyage sans retour qu’est la mort, à cet instant précis, ma pensé se tourne vers Jean de Dieu MOUKAGNI IWANGOU, Arien NKOGHE ESSINGONE, Idriss NGARI, Gaston MOZOGO OVONO, Jean Fidèle DIRAMBA, Jean Gaston ANGOUE, Paul MANON, Magloire NDEMEZO’O, Lucien YAMBANGOYE NZAMBI, Kerrith EDZANG, Georges MBOUNGANI, Florent MBA SIMA, César DO MARCOLINO, Germain MENDOME et tous les autres.
Mes chers compatriotes, depuis les évènements qui ont conduit il y a 13 ans, à la mise en place par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) d’un Comité de Normalisation à la tête de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), je me suis imposé un devoir de réserve en évitant tout échange direct avec la presse sportive nationale. Cette attitude relevait des raisons strictement personnelles.
Un silence médiatique voulu
Toutefois, ce silence médiatique ne signifiait en rien un retrait de la scène sportive. En effet, j’ai poursuivi mon engagement au service du football en menant à terme, mon mandat au secrétariat général de l’Union des Fédérations de Football d’Afrique Centrale (UNIFFAC). Par ailleurs, j’ai également appartenu au Comité d’Organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (COCAN) en 2017.
Depuis lors, je me suis contenté d’observer l’évolution du football national en intervenant que ponctuellement sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook afin d’attirer régulièrement l’attention des différents acteurs de la chaine de gouvernance sur les risques de dégradation dans la gestion quotidienne de notre sport roi. Cependant, au regard de la tournure précipitée et préoccupante que semble prendre le processus du renouvellement du Comité Exécutif (COMEX) de la FEGAFOOT, il apparait aujourd’hui nécessaire, au terme du troisième (3ème) mandat de l’équipe sortante soit douze (12) ans d’exercice (ce qui constitue d’ailleurs, un record de longévité au sein de cette association nationale), de dresser un état des lieux lucide et sans complaisance de la santé du football gabonais après le passage de cette équipe qui a pris les rênes de la maison Alexandre SAMBAT en mars 2014.
Le déclin de la période faste du football gabonais
Il convient de rappeler qu’avant la période de la normalisation, le Gabon, traversait une phase particulièrement prometteuse de son histoire footballistique. En effet, en 2011, notre pays se hissait pour la 1ère fois sur le toit du football africain en remportant la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 23 ans. L’année suivante, les U17, participaient à la phase finale à Casablanca au Maroc tandis que, les U20 disputaient également la phase finale à Alger en Algérie.
C’est dans ce même élan, que les Panthères A atteignaient les ¼ finales de la CAN 2012 co organisée avec la République sœur de la Guinée Equatoriale.
Cette période faste, fut marquée par la 1ère participation du Gabon au tournoi olympique de football ainsi que par la consécration historique d’un gabonais, Pierre-Emerick AUBAMEYANG, sacré ballon d’Or Africain.
Je tiens ici à souligner que cette période particulièrement prolifique était le résultat d’une véritable politique sportive fondée sur l’organisation régulière des compétitions dans toutes les catégories d’âge, la tenue constante du championnat national ainsi que sur un soutien réel au football de masse.
Aujourd’hui, force est malheureusement de constater que, la situation est bien différente et que le bilan apparait particulièrement préoccupant avec :
1- Des statuts fédéraux taillés sur mesure dont l’objectif semble être la pérennisation de la présence à la tête de la FEGAFOOT de la même équipe. Ces statuts instaurent un système électoral inéquitable dans lequel, certains électeurs disposent d’un nombre de voix supérieur à d’autres.
2- L’exclusion délibérée de plusieurs acteurs essentiels du football national du processus décisionnel et du Congrès fédéral parmi lesquels :
L’association Nationale du Football Féminin ;
L’association Nationale des Médecins du Sports ;
L’association Nationale du Futsal et du Beach Soccer ;
L’association Nationale des Footballeurs Professionnels.
3- Une famille du football profondément divisée, marquée par des tensions et un manque d’unités préjudiciable au développent harmonieux de cette discipline sportive.
4- La quasi disparition de plusieurs compétitions domestiques majeures pourtant, essentielles à la vitalité du football national notamment :
La Coupe du Gabon (qualificative pour la coupe de la CAF) ;
La Super Coupe du Gabon (Ouverture de la saison sportive) ;
La Coupe de l’Indépendance (Sélections provinciales)………
5- L’Absence sur le terrain des organes indispensables que sont :
La Ligue nationale de Football Amateur (Organisation des compétitions de masse) ;
La Ligue nationale de Futsal et Beach Soccer (Organisation des compétitions d’élite) ;
6- A cela, s’ajoutent de nombreuses autres insuffisances structurelles qui fragilisent davantage l’édifice du football national notamment :
Absence des Districts de Football (DF) pour la vulgarisation et la promotion du football de proximité (U15 et écoles primaires) ;
Inexistence d’une véritable Ecole nationale de football du Gabon soutenue par des centres de formation régionaux.
7- Le manque criant de stratégie cohérente en matière de formation des jeunes. Cette carence, se traduit aujourd’hui, par la rareté des joueurs issus des compétitions locales au sein des Panthères.
8- L’Absence d’une véritable politique de promotion des cadres sur l’international ;
9- L’Absence d’une politique efficace de détection des talents constitue un handicap majeur pour l’avenir du football gabonais. ;
10- Des dysfonctionnements institutionnels préoccupants :
Amendement des textes en année électorale et de surcroît, à moins d’un an de l’élection ce qui soulève des interrogations sur l’opportunité et la transparence de telles modifications ;
La prolifération et l’entretien à dessein des multiples conflits d’intérêts ;
L’absence d’un schéma directeur dans la création et l’implantation des clubs de football sur le territoire national ;
Un encadrement insuffisant de la fonction de Dirigeant Sportif ;
L’Absence totale des critères objectifs, administratifs et techniques pour tout candidat à la fonction de Président d’une sous ligue, d’une Ligue ou de la FEGAFOOT).
A tout cela, s’ajoutent aussi :
L’accaparement d’une grande partie de la presse sportive nationale ;
Des relations régulièrement tumultueuses avec la tutelle ;
Une absence criante de résultats sportifs à la hauteur des attentes du peuple gabonais.
Enfin, il convient aussi de mentionner la manipulation contestée des textes statutaires notamment à travers le filtrage des candidatures par le mécanisme des parrainages, un dispositif qui suscite de nombreuses interrogations quant à son équité et sa transparence.
Comme si cette situation n’était pas déjà préoccupante, nous venons d’apprendre de la source la plus autorisée que la FEGAFOOT figure parmi les fédérations en situation irrégulière au regard de, la législation nationale.
C’est à ce moment que coïncidant avec la présence de la FIFA au Gabon, la FEGAFOOT vient annoncer la convocation de son congrès électif, et cette coïncidence ne manque pas de susciter de nombreuses interrogations légitimes :
Qu’envisage le gouvernement à l’égard des fédérations reconnues en situation irrégulière ?
Comment expliquer le retard accusé par la convocation de son congrès électif ?
Pour quelle raison, les critères d’éligibilité des candidats n’ont-ils pas encore été clairement rendus publics ?
Pourquoi les Statuts, le règlement intérieur et le code électoral de la FEGAFOOT sont-ils difficilement accessibles ?
Pourquoi tant d’opacité autour d’un processus aussi important, au point de laisser craindre un possible passage en force ?
Autant de questions qui appellent des réponses claires afin de garantir la transparence et la crédibilité du processus en cours.
Appel aux gouvernants pour une normalisation
A l’attention de nos gouvernants et des organismes supra nationaux compétents,
En ma qualité d’acteur majeur du football gabonais et au regard des circonstances précédemment évoquées, j’estime que la solution la plus appropriée pour assurer une restructuration crédible, transparente et durable de notre football réside, en toute urgence, dans la mise en place d’un comité de Normalisation.
Cette mesure apparait aujourd’hui comme la seule capable de restaurer la légalité, la confiance et la stabilité institutionnelle nécessaires au bon fonctionnement de nos instances sportives. Dans cette même logique, je tiens à récuser officiellement la commission électorale ayant établi le chronogramme actuellement en vigueur pour le renouvellement du COMEX de la FEGAFOOT.
En effet, ladite commission a été instituée par un organe dont la régularité est contestée, ce qui, par conséquent, entache également sa légitimité et sa légalité.
Qui pour gérer cette normalisation ?
Au sortir de la transition, nous, peuple gabonais, avons pleinement pris conscience de notre capacité à gérer, par nous-mêmes, les grands défis et évènements auxquels, notre pays a été confronté.
Notre nation compte encore de nombreux patriotes, dotés d’une expertise avérée et d’un génie organisationnel reconnu bien au-delà de nos frontières. Ils ont notamment démontré leur savoir-faire à travers les réussites remarquables de l’organisation de la coupe d’Afrique des nations en 2012 et en 2017, ainsi que du trophée des Champions en 2018.
Ces acteurs expérimentés pourraient, une fois encore, être sollicités afin de mettre leur compétence et leur engagement au service d’un processus de normalisation de notre football. Leur contribution serait précieuse pour garantir l’organisation d’élections transparentes, crédibles, inclusives et apaisées à la tête de la FEGAFOOT, dans l’intérêt supérieur du football gabonais et de toute la nation.
A vous, acteurs du football gabonais, à tous les candidats déclarés comme à ceux encore en préparation : la réalité est difficile à accepter d’un seul coup. Je vous appelle à l’union sacrée pour la patrie. L’élection, dans les conditions actuelles, ne saurait être pertinente, car les mêmes causes risqueraient de produire les mêmes effets. Unissons nos forces pour bloquer le chemin au désordre organisé, responsable des mauvais résultats, car seule une normalisation sérieuse pourra corriger les dysfonctionnements existants.
A vous, délégués membres du Congrès fédéral, l’heure du bilan général de cette équipe sortante est arrivée, vous êtes donc face à l’histoire de notre football quant aux quitus à donner aux rapports moral, financier et Technique. Pour la patrie, L’élection, dans les conditions actuelles, ne saurait être pertinente, car les mêmes causes risqueraient de produire les mêmes effets.
Agir demain serait déjà trop tard. Le football gabonais de demain dépendra de nos attitudes, de nos choix et de nos comportements dès aujourd’hui. Je vous remercie pour votre aimable attention !!! »
NB: Certains sous-titres sont de la Rédaction.
































































