
C’est le regard et l’appel de ce dirigeant de football au sujet de l’annonce de la Fégafoot concernant son contrat d’équipementier. Un entretien empreint d’inquiétude patriotique pour l’avenir de notre équipe nationale.
Gabonallsport : Monsieur Andoume, la Fégafoot a récemment déclaré dans l’Union avoir déjà un équipementier avec qui elle s’apprête à signer. Votre regard sur cette annonce ?
Blanchard Paterne Andoume : « J’ai une préoccupation est avant tout patriotique. Comme tout Gabonais qui aime son équipe nationale, je veux que nos Panthères arrivent à cette Can dans les meilleures conditions possibles, sans être handicapées par des problèmes administratifs évitables. Or, cette déclaration selon laquelle « la Fédération a un équipementier avec qui nous allons signer dans quelques jours un contrat nous liant durant toute la CAN » soulève une question inquiétante : à quel moment un appel d’offres a-t-il été lancé ?
Pourquoi cette question de l’appel d’offres vous semble-t-elle si importante ?
Parce que dans son courrier du 19 novembre dernier, la CAF a fixé des exigences très précises pour la soumission du dossier d’équipementier au 30 novembre. Quatre pièces sont obligatoires : le certificat d’enregistrement légal de la marque de l’équipementier, les certifications ISO pour la qualité et la sécurité des équipements, l’accord de rupture avec l’ancien équipementier, et surtout – la preuve d’un appel d’offres pour choisir le nouvel équipementier. C’est une exigence formelle de la CAF, pas une simple recommandation.
Vous craignez que cette exigence ne soit pas respectée alors ?
À ma connaissance, aucun appel public à candidatures n’a été communiqué. Aucune procédure de sélection transparente n’a été rendue publique. Et pourtant, on nous annonce qu’il y a déjà un équipementier. Comment peut-on avoir déjà un équipementier sans avoir organisé l’appel d’offres que la CAF exige expressément comme pièce justificative obligatoire ? C’est cette contradiction qui m’inquiète profondément.
A quel niveau avez-vous donc de la crainte pour notre équipe nationale ?
Ma crainte, c’est qu’on se retrouve avec un dossier mal ficelé qui soit rejeté par la CAF. Imaginez le scénario : la Fégafoot soumet son dossier le 30 novembre sans pouvoir présenter la preuve d’un appel d’offres transparent. La CAF rejette le dossier. Nos Panthères se retrouvent alors sans équipementier validé à quelques semaines de la Can. Ce serait un handicap majeur pour notre équipe nationale. C’est exactement ce type de rebondissement malheureux que nous voulons éviter.
Un rebondissement qui pourraient davantage entacher l’image du Gabon ?
Exactement. Nous souhaitons que ce genre de spectacle malheureux ne vienne pas, une fois de plus, entacher l’image du Gabon. Le football gabonais a déjà connu trop de polémiques administratives. Là, nous avons la chance de participer à une grande compétition africaine. L’image de notre pays est en jeu. C’est le moment de montrer notre professionnalisme, pas de reproduire les erreurs du passé.
Vous pouvez être plus précis ?
Je rappelle que cette pratique du gré à gré a été dénoncée à maintes reprises et explicitement écartée par la CAF dans ses correspondances. Les exigences de transparence ont été clairement rappelées. On ne peut pas faire comme si ces exigences n’existaient pas. Notre patriotisme et notre amour pour l’équipe nationale nous exigent de bien faire les choses.
Vous employez une métaphore footballistique intéressante…
Oui, il nous faut éviter les fautes qui peuvent nous donner un carton rouge après le premier carton jaune déjà reçu. Le football gabonais a déjà eu son carton jaune avec les problèmes relatifs à la marque fantôme Gaboma dénoncée par la CAF dans son courrier du 19 novembre dernier. Nous ne pouvons pas nous permettre un carton rouge qui handicaperait nos Panthères au moment où elles s’apprêtent à défendre les couleurs du Gabon sur le continent.
Finalement une mise en garde ou une accusation ?
Je ne cherche pas la polémique. Je veux simplement que les choses soient bien faites. Toute la nation gabonaise est préoccupée par la bonne préparation de cette CAN. Nous voulons que notre équipe nationale arrive à cette compétition dans les meilleures conditions, sans être handicapée par des problèmes administratifs.
Et concrètement que proposez-vous à la Fégafoot ?
Bien ficeler son dossier. S’assurer que l’équipementier choisi soit retenu conformément aux exigences de la CAF. Si un appel d’offres n’a pas été fait, il est encore temps d’en lancer un en urgence, même si les délais sont courts. L’essentiel, c’est que le dossier soumis le 30 novembre soit irréprochable et que la CAF ne puisse pas le rejeter pour non-conformité. C’est l’intérêt de nos Panthères qui est en jeu.
Un mot de fin ?
Faisons bien les choses. Le Gabon mérite mieux que des rebondissements administratifs de dernière minute. Nos Panthères méritent de se concentrer sur le sport, pas sur des polémiques de gouvernance. J’espère sincèrement que le dossier sera bien ficelé et que l’équipementier sera choisi dans la transparence, pour le bien de notre football et l’honneur de notre pays ».

































































