
La pratique a trop duré et surtout n’a pas beaucoup profité aux principaux acteurs du football que sont les joueurs. Conséquences, résultats médiocres sur le terrain, déshonneur et autres humiliations du pays.
Presqu’une injonction parce que tout le pays se sent concerné par la question des bricolages des équipes nationales, toutes catégories confondues. Des U15 aux seniors, hommes et dames, la pratique semble se transformer en norme, malgré les dénonciations de certains athlètes.
Depuis des années, chez les hommes, Pierre Emérick Aubameyang, le meilleur footballeur gabonais de l’histoire est monté plusieurs fois au créneau, parfois même avec des termes assez durs. Une position qui l’a déjà conduit par le passé à prendre ses distances avec les Panthères.
Et plus récemment, après la débâcle du Gabon à la Can 2025 au Maroc, il est sorti à nouveau de sa réserve. Pour lui, « Les problèmes de l’équipe nationale sont bien plus profonds que la petite personne que je suis ». Autrement dit, c’est tout un système qu’il faut soigner.
Les filles ont aussi dénoncé
Chez les dames, Flora Bouyi et Vanessa Mazaly présentées par certains médias comme les « pourris » du football féminin gabonais, ont dénoncé cette gouvernance que le gouvernement appelle aujourd’hui, de vive voix, à changer.

En février dernier, blessée dans son amour propre après les humiliations de nos filles U17 contre l’Afrique du Sud et nos A contre le Mali, l’internationale Flora Bouyi ne pouvait plus se retenir.
« On ne peut pas vendre un cheval mal nourri pour la compétition et dire après qu’il avait faim. Non, le mal est profond, de plus, il faut promouvoir la méritocratie; la rancune mène à la perte. J’ai donné mon avis hier, je donne mon avis aujourd’hui et je donnerai mon avis demain quoique cela puisse me coûter. Cette situation est déplaisante, alors, que chacun prenne ses responsabilités. Les mêmes causes produisent les mêmes effets », avait-elle déclaré.
Cette série de déculottées avait aussi obligé quelques jours plus tard Vanessa Mazaly, championne de Croatie à monter au créneau. « Nous les cadres de notre équipe nationale, nous ne pouvons plus nous taire après ce que nous avons vu lors des deux matchs de nos U17 contre l’Afrique du Sud et contre le Mali. Il est temps que les dirigeants du football féminin au Gabon comprennent que le football de haut niveau a ses exigences, et qu’à un moment donné, il faut arrêter de travailler dans l’improvisation »,
Et comme si cela ne suffisait pas, la gardienne des Panthères A, excédée, Richie Mintsa déclarait courageusement le 12 janvier 2026 : « Si vous n’êtes pas prêts à bien faire les choses, mangez votre argent, mais pas sur notre dos ».
Gouvernance rigoureuse et crédible ?

En mars 2020, nous titrions un éditorial : « Des sélections nationales objectives et une préparation adéquate et on ira loin ! ». Presque six ans plus tard, tout porte à croire que les mentalités n’ont pas changé et les résultats de cette façon de faire sont connus.
Nicole Assélé a essayé en son temps mais la handballeuse a fait face à toutes les résistances possibles au point où sa tête mise à prix, est tombée.
Fort de sa connaissance du milieu et des dossiers du football, le nouveau ministre avait déjà donné le ton en recevant la Fégafoot mercredi dernier. Ce que la VP1 de la Fégafoot présentera comme « Le canevas du cadre de travail concerté du nouveau ministre avec les différents acteurs du football au Gabon ».

En levant la mesure de suspension des Panthères du Gabon, le nouveau patron des Sports lève désormais toutes les équivoques et tient à mettre fin aux avantages démesurés et autres réseaux qui ne profitent pas aux sportifs.
D’où son appel « à l’engament collectif et au sens des responsabilités de l’ensemble des acteurs concernés, au premier rang desquels la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), en vue d’assurer une gouvernance rigoureuse, crédible et orientée vers la performance des équipes nationales, répondant ainsi à l’exigence de résultat attendu par le peuple gabonais ».
Mais Paul Ulrich Kessany doit s’armer de courage et de sang-froid car les mauvaises habitudes ont vraiment la peau dure.



























































