
Dans une lettre adressée au président de la Fégafoot, la présidente de la Linaffem s’insurge contre la façon dont le SG et la Communication de la Fédération auraient géré ce dossier et estime la décision prise vicieuse.
On croyait que l’affaire de désignation du représentant du Gabon en Ligue africaine féminine des champions avait pris fin. Après le recours du 24 juin 2023 adressé à la Caf par Oyem AC en rétractation de la décision de la Fégafoot, c’est autour de la Linaffem de s’attaquer à la même décision et d’appeler la Fédération à revoir la copie de cette décision de ne pas engager un club en compétition africaine.
Dans un courrier adressé au président fédéral, Pierre Alain Mounguengui, la présidente de la Linaffem, Odile Ossawa, a réuni un argumentaire aux fins de prouver à l’instance faitière qu’elle aurait outrepassé ses pouvoirs en prenant cette décision de façon unilatérale et en laissant le SG et la Communication de la Fédération gérer ce dossier avec une certaine maladresse.
Selon le document, tout partirait d’une mauvaise gestion des courriels venus de la Caf via l’Uniffac, par le Secrétariat général de la Fégafoot et qui a dû sommer la Linaffem de désigner un représentant, en l’espace de quelques heures, du moins le 23 juin dernier avant 17h.
Urgence oblige, le représentant du Gabon sera désigné par les quatre clubs ayant la licence Caf. Procédure refusée par la Fégafoot dans sa décision du 26 juin 2023, au motif que « la désignation du représentant en ligue des champions féminine se fait sur la base des critères objectifs définie par la CAF, à savoir le critère sportif et le critère de la licence du club CAF ».
Argument rejeté par Odile Ossawa qui brandit l’article 2.2 et 2.3 du règlement de la Champion’s League féminine de la CAF et qui enseigne que la Linaffem via la Fégafoot a le « devoir d’engager le club champion, peut engager le vice-champion du championnat national ou nommer un club sur sa propre responsabilité si le championnat n’a pas été organisé ».
La notion de responsabilité de l’association nationale étant donc engagée, la président estime qu’il revenait à l’entité compétente qu’est la Linaffem de déterminer par lui-même le mode de désignation.
« Décision vicieuse »
Revenant sur le non-respect par la Fégafoot du principe du contradictoire, Odile Ossawa reproche par ailleurs à son chef qu’en « parcourant votre lettre du 26 juin 2023, vous nous informez que vous avez pris en compte les arguments de l’équipe Akanda concernant la mise en cause de la procédure de désignation du représentant en Ligue des champions féminine (CAF 2023) pour fonder votre décision, sans nous avoir invité à nous défendre. En agissant ainsi, nous sommes d’avis que la décision à vous prise de ne pas engager un club en compétition africaine nous semble vicieuse. Par conséquent, la décision du 26 juin 2023 nous semble être nulle et de nul effet ».
Dernier élément qui sème le doute dans la démarche de la Fégafoot, la date et l’organe qui ont rendu la décision de ne pas engager un club aux compétitions africaines.
Le SG et la Communication maladroitement mêlés ?
Selon la présidente de la Linaffem, la Fégafoot a rendu publique la décision querellée le 24 juin 2023 via un communiqué de presse de la Commission Médias tandis que le Secrétaire Général de la Fégafoot leur aurait informé que la décision a été prise le 26 juin 2023.
Et de s’interroger : « Quel est finalement l’organe de la Fégafoot qui est habilité à prendre une telle décision ? Dans ces conditions, nous sommes dubitatifs quant à la légalité de la décision de la Fégafoot. Partant, la décision de ne pas engager un club à la Ligue des champions féminine CAF 2023 nous semble être nulle et de nul effet ».
Si donc la décision de ne pas engager Oyem AC en compétition Caf 2023 est « manifestement illégale », la présidente de la Linaffem exige non seulement que « l’acte du Secrétaire Général de la Fégafoot soit retiré afin qu’il cesse non seulement de produire ses effets mais aussi que le dossier de l’équipe d’Oyem AC soit soumis à la Caf dans l’optique de sa participation à la ligue des champions féminine Caf 2023 ».
A noter que cette lettre à pour ampliations le ministère des Sports, l’Uniffac, la Caf et la Fifa. Affaire donc à suivre !